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Le didgeridoo des aborigènes australiens est considéré comme la première « trompette », il s'agit d'un simple tube de bois avec une embouchure de cire, le mode d'émission du son est le même que tout autre cuivre. Les trompettes ont été inventées en Egypte il y a plus de trois mille ans. Deux trompettes ont été retrouvées dans le tombeau de Toutankhamon (une en or et une en argent). En Grèce, la trompette alors appelée salpinx était considérée comme un instrument de guerre. On y trouvait trois épreuves : le son le plus fort (avec le plus de décibels), le son portant le plus loin, et le son le plus aigu. À Rome, on utilisait le cornu, le buccin (buccina) et le lituus

Dès la fin du baroque (milieu du XVIIIeme) on a essayé de rendre la trompette chromatique car la plupart des notes à jouer se trouvent maintenant dans la troisième octave des partiels, les notes sont plus écartées donc les possibilités sont plus restreintes. Différentes techniques vont essayer de contrer ce problème.

Une des plus anciennes de ces techniques est le bouchage qui fut inventé en 1775, puis inutilisée à partir de 1840. L’idée vient d’un corniste A.-J. Hampel, qui en 1750 avait remarqué qu’en introduisant la main dans le pavillon, on pouvait faire baisser la note émise d’un demi, voire un ton complet.La technique n’a pas été mise en œuvre tout de suite sur les trompettes car leur forme ne permettait pas à l’instrumentiste de mettre sa main au niveau du pavillon. C’est en 1777 qu’un facteur « enroula » plus la trompette pour lui donner une forme de demi-lune. On bouchait le pavillon avec trois doigts de la main droite. 

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La deuxième technique est la trompette à clefs. Elle a les mêmes dates d’apparition et de disparition que le bouchage. L’idée commença, encore une fois, à être expérimentée sur le cor. La première trompette à clefs a été construite en 1777 mais ne connut aucun succès car le timbre caractéristique de la trompette disparaissait presque entièrement et était à mi-chemin entre la trompette et le hautbois. 

 

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La troisième technique a été utilisée surtout en Angleterre entre 1790 et 1885 : c’est la trompette à coulisse. Comme son nom l’indique, le moyen utilisé ici pour rendre la trompette chromatique est la coulisse. Cette coulisse, qui est en forme de U comme sur un trombone mais moins longue que sur celui-ci, est plus proche de l’instrument et comporte un mécanisme permettant de revenir à la position initiale.

 

 

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La grande invention du XIXe pour la trompette est le piston. C’est un des deux grands évènements de l’histoire de la trompette avec l’admission de la trompette dans la musique de concert vers 1600. Le piston a été inventé vers 1815 (mais des ébauches existaient dès 1788), il fut une réponse au vœu de faire devenir la trompette chromatique, dans le registre grave vers 1750. Le système de pistons avait tous les avantages des systèmes antérieurs de « chromatisation » sans aucun des inconvénients. À la technique traditionnelle, vient maintenant s’ajouter un élément nouveau : l’habileté digitale. Alors que les trompettistes du baroque n’avaient que trois éléments à coordonner (lèvres, souffle et langue), ceux qui utilisèrent une trompette à pistons en avaient quatre : souffle, lèvres, langue et doigts. La trompette à pistons s’imposa rapidement dans la musique militaire mais se heurta à des opposants (surtout par conservatisme) dans le milieu symphonique.

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La trompette à pistons (pistons de type "Périnet") en si\flat "plus communément appelée trompette en si bémol" est celle qui est la plus utilisée aujourd’hui dans la plupart des pays. Mais la trompette à valves rotatives (appelée aussi "trompette à palettes") est largement présente en Allemagne et dans les pays de l’est. La trompette en ut est aussi beaucoup utilisée, en particulier en France, dans les orchestres symphoniques et pour certains concerti pour trompette. Elle existe aussi en version à pistons ou à valves rotatives.

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Littéralement, un cornet est un « petit cor ». Aujourd'hui enroulé comme une trompette, le cornet fut, de ses origines jusqu'à l'apparition des pistons, voire un peu après, enroulé comme un cor. Ce petit cor connut plus un emploi de corne d'appel que d'instrument de musique. Il servit en Europe centrale aux postillons transportant la malle du courrier pour prévenir de leur arrivée ou de leur départ. Leur facture et leur tonalité n'était pas réellement fixée. On en trouvait donc de toutes sortes.

Le cornet est le premier instrument à bénéficier de l'invention des pistons en 1820

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Le bugle (en allemand « flügelhorn » et par extension « flugelhorn » en anglais) est un instrument de la famille des saxhorns, sous-famille des cuivres mise au point par Adolphe Sax. Le modèle courant est celui en si\flat. Il a théoriquement le même registre que la trompette en si\flat, demande l'application des mêmes doigtés mais sa perce conique (caractéristique des saxhorns) rend l'accès au registre aigu difficile, et en fait un cuivre doux. Par contre, cette conicité lui donne une réponse rapide et surtout un son très doux et très « rond ». On retrouve cet instrument dans les brass-bands, les harmonies et les fanfares où il est utilisé pour ses qualités sonores dans le grave et le médium.

 

Le profil du trompettiste 

alphonse pouet

Le trompettiste est conscient de son importance au sein de la fanfare, puisque c'est lui qui joue la majorité des thèmes. Il en résulte un certain snobisme de ce pupitre envers les autres. Ceci est renforcé par le fait qu'il existe un lobby des trompettistes qui arrive quasiment systématiquement à placer un de leur membre au bureau et donc à conserver une influence dans l'organe décisionnel de la fanfare.

Musicalement parlant, le trompettiste préfère assurer son morceau plutôt que de se la péter mais il aime quand même bien nous éclater les oreilles quand il connaît son morceau à l'octave...